La France prend en compte le changement climatique en intégrant une Trajectoire de Réchauffement de Référence (TRACC) dans son cadre juridique national.
Annoncée par Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, cette trajectoire est inscrite dans le Code de l’environnement par décret et s’intègre au 3ème plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3).
Elle vise, d’ici 2030, à intégrer systématiquement l’adaptation climatique dans l’ensemble des politiques publiques, notamment en matière de santé, d’économie, d’urbanisme, d’agriculture et d’aménagement du territoire, incluant la construction, la rénovation des infrastructures et la prévention des risques. La TRACC définit des hypothèses de réchauffement fondées sur les travaux du GIEC et les projections climatiques disponibles pour la France. Elle retient un réchauffement de l’ordre de +2 °C dès 2030, +2,7 °C en 2050 et jusqu’à +4 °C à horizon 2100, par rapport à l’ère pré-industrielle, pour la France hexagonale.
Il est accompagné d’un arrêté qui vient préciser les niveaux de réchauffement de cette trajectoire. Concrètement, pour les citoyens et les territoires, cela se traduira par une révision des plans de prévention des risques naturels (inondations, feux de forêt, glissements de terrain) afin d’y intégrer les projections de la TRACC (par exemple, l’extension des zones inondables ou de nouvelles restrictions de construction). L’approche retenue est d’intégrer la TRACC dans le code de l’environnement pour pouvoir progressivement y faire référence dans les documents de planification et sectoriels pertinents. Pour les entreprises et les secteurs économiques, les normes techniques encadrant la construction et l’entretien des infrastructures (routes, ponts, centrales électriques) évolueront également, afin de tenir compte de ces nouvelles contraintes climatiques (par exemple, des rails de train conçus pour résister à des températures plus élevées).
En dimensionnant les ouvrages, les infrastructures et les services publics pour le climat de demain, la TRACC permet d’éviter des reconstructions répétées, coûteuses et parfois inefficaces. C’est à la fois une mesure de prévention pour protéger les populations exposées aux canicules, aux inondations ou aux sécheresses, et une garantie de bon usage de l’argent public en finançant des projets conçus pour durer dans un climat plus chaud et avec des évènements climatiques plus fréquents et plus intenses. Pour mener à bien ces actions, les acteurs de l’adaptation au changement climatique peuvent s’appuyer sur un ensemble de services climatiques mettant à leur disposition les différentes données climatiques de référence aux échelles nationale et locale et permettant déjà de les exploiter pour l’aide à la décision.
Ces projections climatiques locales sont d’ores et déjà disponibles gratuitement sur le site de Météo-France DRIAS – les futurs du climat.
Source : Ministères de la Transition écologique, de l’Aménagement du territoire, des Transports, de la Ville et du Logement.
Jean-Michel Chevalier - visuel de Une ©Gouvernement